# L’assurance vie comme outil central de gestion du patrimoine

L’assurance vie représente aujourd’hui l’épine dorsale de la gestion patrimoniale en France, avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours en 2025. Ce placement multifonction séduit 40% des ménages français grâce à sa flexibilité remarquable et son cadre fiscal avantageux. Contrairement aux idées reçues, l’assurance vie ne se limite pas à un simple produit d’épargne sécurisé : elle constitue un véritable couteau suisse patrimonial permettant simultanément de faire fructifier son capital, de préparer sa retraite et d’organiser la transmission de son patrimoine dans des conditions fiscales optimales. La récente évolution des fonds en euros, qui ont renoué avec des rendements supérieurs à 3% en 2024, confirme la pertinence de cet outil dans un contexte de remontée des taux d’intérêt.

Le cadre juridique et fiscal de l’assurance vie en france

Le contrat d’assurance vie bénéficie d’un statut juridique spécifique défini par le Code des assurances. Contrairement aux autres placements financiers, les capitaux versés sur un contrat d’assurance vie ne sont pas considérés comme faisant partie de la succession de l’assuré, ce qui confère à cet outil une puissance patrimoniale incomparable. Cette particularité juridique, encadrée par les articles L.132-12 et L.132-13 du Code des assurances, permet une liberté totale dans la désignation des bénéficiaires, sans contrainte liée à la réserve héréditaire dans la plupart des situations.

La fiscalité de l’assurance vie repose sur un équilibre subtil entre encouragement à l’épargne longue et taxation des revenus du capital. L’administration fiscale distingue clairement deux moments imposables : les rachats effectués du vivant du souscripteur et la transmission du capital au décès. Cette double temporalité fiscale offre des opportunités d’optimisation considérables que tout gestionnaire de patrimoine avisé doit maîtriser parfaitement.

La distinction entre contrats monosupport en euros et multisupports en unités de compte

Le fonds en euros reste le cœur historique de l’assurance vie française. Ce support propose une garantie en capital, ce qui signifie que vous ne pouvez jamais perdre les sommes versées, même en cas de turbulences sur les marchés financiers. L’assureur investit principalement dans des obligations d’État et des obligations d’entreprises de qualité, générant un rendement modéré mais sécurisé. En 2024, les meilleurs fonds en euros ont affiché des performances comprises entre 3,2% et 4,8%, une embellie significative après plusieurs années difficiles.

Les contrats multisupports associent le fonds en euros à des unités de compte (UC) investies sur différentes classes d’actifs : actions françaises et internationales, obligations corporate, immobilier via des SCPI, private equity, matières premières ou encore produits structurés. Cette diversification permet d’espérer des rendements supérieurs sur le long terme, au prix d’une volatilité accrue et sans garantie de capital. La performance d’un contrat multisupport dépend directement de l’allocation d’actifs choisie et de la qualité des supports sélectionnés.

Le régime de prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les rachats

Depuis le 27 septembre 2017, les gains issus de rachats sur un contrat d’assurance vie sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé « flat tax », au taux global de 30%.

Ce taux de 30% se décompose en 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. En pratique, lors d’un rachat partiel ou total, seule la part de gain comprise dans la somme retirée est imposée selon ce régime, et non la totalité du capital. Vous conservez toujours la possibilité d’opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu si celui-ci s’avère plus avantageux que le PFU, par exemple en cas de faibles autres revenus imposables. Cette souplesse vous permet d’ajuster la fiscalité de votre contrat d’assurance vie en fonction de votre situation patrimoniale et de votre tranche marginale d’imposition.

Il convient également de distinguer les contrats dont les primes versées sont inférieures ou supérieures à 150 000€ par personne, tous contrats confondus. Au-delà de huit ans de détention, les produits attachés aux versements n’excédant pas ce seuil bénéficient d’un taux réduit de 7,5% (hors prélèvements sociaux), ce qui renforce l’intérêt d’une stratégie d’épargne longue. En revanche, au-delà de 150 000€ de primes versées, la fraction des gains correspondante reste soumise au taux de 12,8% du PFU. D’où l’importance, pour une bonne gestion de patrimoine, de piloter dans le temps le niveau de primes investies sur chaque tête assurée.

L’abattement annuel de 4 600€ et 9 200€ selon la situation matrimoniale

Après huit années de détention, l’assurance vie offre un levier fiscal particulièrement puissant : l’abattement annuel sur les gains rachetés. Concrètement, une personne seule bénéficie d’un abattement de 4 600€ par an sur la part de produits comprise dans ses retraits, tandis qu’un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune profite d’un abattement doublé à 9 200€. Dans la pratique, cela signifie que vous pouvez organiser des rachats partiels programmés pour compléter vos revenus (notamment à la retraite) sans générer d’impôt sur le revenu, tant que vous restez dans la limite de cet abattement.

Comment cela fonctionne-t-il ? À chaque rachat, l’assureur calcule automatiquement la proportion de gains et de capital remboursés. Seule la quote-part de gains est susceptible d’être imposée, après application de l’abattement annuel. Ce mécanisme rend l’assurance vie très performante pour se créer un complément de retraite faiblement fiscalisé, surtout si vous anticipez vos besoins de liquidités et commencez à utiliser cet abattement plusieurs années avant l’arrêt de votre activité. On peut ainsi comparer cette enveloppe à un « réservoir fiscal » que l’on ouvre progressivement, année après année, pour optimiser la fiscalité de son patrimoine financier.

La fiscalité successorale avantageuse de l’article 990 I du CGI

En matière de succession, l’article 990 I du Code général des impôts confère à l’assurance vie un avantage déterminant. Pour les primes versées avant le 70e anniversaire de l’assuré, chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement spécifique de 152 500€ sur les capitaux reçus, tous contrats confondus. Au-delà de cet abattement, les sommes sont soumises à un prélèvement de 20% jusqu’à 700 000€ par bénéficiaire, puis de 31,25% au-delà. Ce barème spécifique, distinct du barème des droits de succession, permet souvent de réduire significativement la charge fiscale globale par rapport à une transmission « classique ».

À la différence d’une succession ordinaire, cette fiscalité successorale ne dépend pas du lien de parenté entre l’assuré et le bénéficiaire : un ami, un concubin ou un neveu bénéficie du même abattement de 152 500€ qu’un enfant. C’est un outil redoutablement efficace pour transmettre un capital à des personnes situées en dehors du cercle des héritiers réservataires, généralement fortement taxés dans le régime de droit commun (jusqu’à 60% de droits). En combinant une transmission de biens « classiques » et des capitaux d’assurance vie, on peut ainsi utiliser deux régimes fiscaux distincts et profiter deux fois de la progressivité de l’impôt, ce qui constitue un pilier majeur de toute stratégie de gestion de patrimoine optimisée.

L’allocation d’actifs stratégique au sein du contrat d’assurance vie

Si le cadre fiscal de l’assurance vie est essentiel, la performance de long terme repose avant tout sur la qualité de l’allocation d’actifs. Un contrat d’assurance vie n’est qu’une enveloppe ; ce qui fait la différence, ce sont les supports sélectionnés à l’intérieur : fonds en euros, unités de compte, fonds immobiliers, ETF ou produits structurés. La bonne combinaison de ces briques, adaptée à votre horizon de placement et à votre tolérance au risque, transforme l’assurance vie en véritable « portefeuille patrimonial sur mesure ».

Une allocation efficace repose généralement sur trois piliers : un socle sécurisé en fonds en euros, une poche de diversification en unités de compte (actions, obligations, immobilier) et, pour les profils les plus avertis, une poche d’optimisation via des supports plus sophistiqués (produits structurés, private equity, fonds thématiques). En pratique, il s’agit de trouver le bon compromis entre sécurité, rendement et liquidité. C’est cette architecture d’ensemble qui permettra à votre contrat d’assurance vie de jouer pleinement son rôle de moteur de votre gestion de patrimoine.

Les fonds en euros suravenir opportunités et spirica nouvelle génération

Parmi les fonds en euros de nouvelle génération les plus utilisés dans les stratégies patrimoniales, Suravenir Opportunités et Spirica Nouvelle Génération occupent une place de choix. Ces fonds combinent une garantie du capital net des frais de gestion avec une gestion plus dynamique que les fonds en euros « classiques », intégrant notamment une part significative d’actifs immobiliers et d’obligations d’entreprises. En 2024, certains de ces supports ont servi des rendements supérieurs à 3,5% nets de frais de gestion, sous réserve d’une part minimale d’unités de compte dans le contrat.

Pourquoi ces supports sont-ils stratégiques pour la gestion de patrimoine ? Parce qu’ils permettent de constituer un socle sécurisé performant, tout en conditionnant leur accès à une diversification en unités de compte. On peut les comparer à une « ceinture de sécurité évoluée » : le capital est garanti, mais la gestion est moins figée que sur un fonds en euros traditionnel, ce qui offre un meilleur couple rendement/risque sur le long terme. Attention toutefois aux contraintes d’allocation (souvent au moins 30% à 50% en unités de compte) et aux conditions de versement : ces fonds en euros performants sont réservés aux épargnants acceptant une exposition partielle au risque de marché.

Les SCPI et OPCI pour l’exposition immobilière patrimoniale

Pour les investisseurs souhaitant bénéficier des atouts de l’immobilier sans les contraintes de la gestion locative, les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) et les OPCI (Organismes de Placement Collectif Immobilier) accessibles au sein d’un contrat d’assurance vie constituent une solution particulièrement pertinente. Ces supports permettent d’obtenir une exposition à des immeubles de bureaux, commerces, résidences gérées ou actifs logistiques, mutualisés sur des centaines de locataires. À la différence d’un investissement locatif en direct, la gestion est entièrement déléguée, et le ticket d’entrée peut être limité à quelques centaines ou milliers d’euros.

Loger des SCPI dans une assurance vie présente plusieurs avantages : la fiscalité des revenus fonciers est neutralisée au fil de l’eau (pas d’imposition immédiate à l’impôt sur le revenu, tant qu’il n’y a pas de rachat), la liquidité est généralement améliorée par rapport à la détention en direct, et la transmission bénéficie du régime favorable de l’assurance vie. Les OPCI, plus liquides mais souvent plus volatils, combinent quant à eux actifs immobiliers, valeurs mobilières et liquidités. Ils conviennent davantage aux épargnants recherchant une exposition immobilière plus flexible, quitte à accepter des mouvements de valeur plus fréquents. Dans une stratégie de gestion de patrimoine, cette brique immobilière « papier » permet de diversifier au-delà des seuls marchés financiers.

Les ETF et trackers world MSCI pour la diversification actions internationales

Pour dynamiser la performance de long terme du contrat, l’exposition aux actions est indispensable, en particulier via des ETF (trackers) répliquant des indices mondiaux tels que le MSCI World. Ces supports, disponibles dans de nombreux contrats d’assurance vie en ligne, permettent d’investir de manière très diversifiée dans plusieurs centaines de grandes entreprises internationales, à des frais de gestion souvent inférieurs à 0,30% par an. Sur un horizon de dix à quinze ans, cette diversification actions internationales s’est historiquement révélée l’un des moteurs les plus puissants de création de valeur.

Intégrer un ETF World au sein de son assurance vie, c’est un peu comme acheter « un petit morceau de l’économie mondiale » : vous ne pariez pas sur une seule action ou un seul secteur, mais sur la croissance globale des entreprises cotées dans les pays développés. Pour un épargnant au profil équilibré, une poche de 20% à 40% d’ETF actions internationales au sein du contrat peut constituer un point de départ pertinent, à ajuster selon l’âge, l’horizon de placement et la capacité à supporter la volatilité. Il est toutefois crucial de garder en tête que ces supports peuvent connaître des baisses significatives à court terme ; ils doivent donc s’inscrire dans une stratégie de long terme, idéalement couplée à des versements programmés.

Les fonds obligataires et produits structurés à capital garanti

Entre le socle sécurisé du fonds en euros et la dynamique des actions internationales, les fonds obligataires et les produits structurés à capital garanti jouent un rôle d’amortisseur dans la construction de votre allocation. Les fonds obligataires investissent dans des emprunts d’États ou d’entreprises et bénéficient aujourd’hui de taux plus attractifs qu’au cours de la dernière décennie, grâce à la remontée des taux d’intérêt. Ils constituent un relais intéressant pour diversifier le risque de taux et ne pas concentrer l’intégralité de la poche « défensive » sur le seul fonds en euros.

Les produits structurés à capital garanti (ou à protection conditionnelle) offrent quant à eux une rémunération définie à l’avance en fonction de l’évolution d’un indice (comme l’Euro Stoxx 50) ou d’un panier d’actions. On peut les comparer à des « contrats à terme personnalisés » : en échange d’un horizon de placement déterminé (souvent 6 à 10 ans) et de conditions de remboursement prédéfinies, l’épargnant bénéficie d’un couple rendement/ sécurité intermédiaire entre fonds en euros et actions pures. Bien sélectionnés et logés au sein d’une assurance vie, ces supports peuvent contribuer à lisser les performances du contrat tout en améliorant le rendement global d’un portefeuille patrimonial prudent.

La transmission patrimoniale optimisée via la clause bénéficiaire

Au-delà de la performance financière, l’assurance vie se distingue par la finesse des stratégies de transmission qu’elle permet de mettre en place. Le véritable « centre de commande » de ces stratégies réside dans la clause bénéficiaire, c’est-à-dire le texte par lequel vous désignez les personnes qui recevront les capitaux au décès. Une clause bien rédigée vous permet de protéger votre conjoint, de favoriser certains enfants ou petits-enfants, d’avantager un tiers, voire de soutenir une œuvre caritative, tout en maîtrisant l’impact fiscal de ces choix.

À l’inverse, une clause standard mal adaptée (« mon conjoint, à défaut mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ») peut conduire à des résultats éloignés de vos intentions. Pourquoi se priver d’un outil aussi puissant alors qu’une rédaction sur mesure, avec l’appui d’un notaire ou d’un conseil en gestion de patrimoine, permet de transformer un simple contrat d’assurance vie en véritable instrument d’ingénierie successorale ? Examinons les principales techniques utilisées.

La rédaction de clauses démembrées pour protéger le conjoint survivant

La clause bénéficiaire démembrée est une technique sophistiquée qui consiste à attribuer l’usufruit du capital à une personne (le plus souvent le conjoint survivant) et la nue-propriété à d’autres bénéficiaires (généralement les enfants). Au décès de l’assuré, le conjoint usufruitier perçoit la totalité des capitaux et peut les utiliser librement dans le cadre d’un quasi-usufruit, tandis que les enfants obtiennent une créance de restitution sur sa succession. Cette créance correspond aux capitaux perçus par le conjoint et sera déduite de l’actif successoral lors de son propre décès, évitant ainsi une double imposition.

Cette mécanique présente un double avantage : elle protège le train de vie du conjoint survivant, qui dispose librement des sommes, tout en garantissant aux enfants la perception ultérieure du capital sans surcoût fiscal. On peut comparer ce dispositif à un « pont suspendu » entre deux successions : le capital traverse la succession du conjoint sans être taxé une seconde fois, grâce à la créance de restitution. La rédaction d’une telle clause doit toutefois être très précise (mention expresse du démembrement, désignation des usufruitiers et nus-propriétaires, éventuelle convention de quasi-usufruit) et nécessite l’accompagnement d’un professionnel du droit.

L’utilisation de la clause bénéficiaire à options multiples

La clause bénéficiaire à options multiples (ou clause à options) offre au conjoint survivant plusieurs choix au moment du décès de l’assuré. Plutôt que de figer définitivement la répartition du capital dans la clause, on prévoit par exemple que le conjoint pourra, au jour venu, décider de recevoir 100% des capitaux, ou seulement une fraction (50%, 30%, etc.), le solde revenant alors aux enfants. Ce dispositif offre une grande souplesse car il permet d’adapter la stratégie de transmission à la situation patrimoniale et familiale réelle au moment du décès, toujours difficile à anticiper des années à l’avance.

Imaginez que votre conjoint soit lui-même très bien doté au moment de votre décès : dans ce cas, il pourra choisir de ne recevoir qu’une partie des capitaux, voire de renoncer totalement à son bénéfice au profit direct des enfants, optimisant ainsi la fiscalité globale et évitant une concentration excessive du patrimoine sur une même tête. À l’inverse, si sa situation financière est plus fragile que prévu, il pourra exercer l’option de percevoir une quote-part plus importante, voire la totalité du capital. La clause à options permet donc de concilier protection du conjoint et optimisation future de la succession, sans avoir à réécrire la clause à chaque évolution de votre situation.

Le démembrement de la clause au profit des enfants et petits-enfants

Le démembrement de la clause bénéficiaire peut également être utilisé pour organiser un « saut de génération » et favoriser les petits-enfants, tout en respectant la réserve héréditaire des enfants. On peut par exemple attribuer l’usufruit du capital aux enfants et la nue-propriété aux petits-enfants. Les revenus générés par les capitaux (s’ils sont réinvestis ou distribués) pourront alors profiter aux enfants, tandis que le capital final reviendra aux petits-enfants, sans taxation supplémentaire au décès des enfants usufruitiers.

Cette approche est particulièrement intéressante pour les patrimoines conséquents, lorsque les enfants sont déjà à l’abri du besoin et que l’objectif principal est de transmettre directement une partie de la richesse à la génération suivante. Elle permet également de profiter plusieurs fois de l’abattement de 152 500€ par bénéficiaire, en multipliant les bénéficiaires nus-propriétaires (petits-enfants, voire arrière-petits-enfants). Comme souvent en ingénierie patrimoniale, la clé réside dans l’anticipation : plus ces stratégies sont mises en place tôt, plus elles sont efficaces et plus la transmission au sein de la famille est harmonieuse.

Les stratégies de versements programmés et d’arbitrages dynamiques

Pour exploiter pleinement le potentiel de l’assurance vie, il ne suffit pas de choisir un bon contrat et de « l’oublier » pendant vingt ans. La mise en place de versements programmés et d’arbitrages dynamiques permet d’améliorer sensiblement le couple rendement/risque du contrat, tout en l’adaptant en continu à l’évolution des marchés et de votre situation personnelle. En pratique, il s’agit d’automatiser au maximum les décisions rationnelles (investir régulièrement, sécuriser les gains) afin de limiter l’impact des émotions sur vos choix d’investissement.

Vous pouvez ainsi transformer votre contrat en véritable « pilote automatique patrimonial » : chaque mois ou chaque trimestre, une somme définie est investie selon une répartition préalablement choisie, tandis que des mécanismes d’arbitrage automatique veillent à rééquilibrer votre allocation, à sécuriser les plus-values ou à protéger votre capital en cas de forte baisse des marchés. Ces fonctionnalités, désormais proposées par la plupart des contrats d’assurance vie en ligne, sont particulièrement utiles pour les épargnants qui souhaitent bénéficier des avantages des marchés financiers sans y consacrer un temps et une énergie considérables.

La gestion pilotée par profil de risque chez linxea avenir et placement-direct vie

Les contrats d’assurance vie comme Linxea Avenir ou Placement-direct Vie proposent des options de gestion pilotée, aussi appelées gestion sous mandat. Concrètement, vous déléguez la sélection des supports et les arbitrages à une société de gestion, en fonction d’un profil de risque prédéfini : prudent, équilibré, dynamique, voire offensif. Ce type de gestion est particulièrement adapté aux épargnants qui ne disposent ni du temps ni des connaissances nécessaires pour piloter eux-mêmes une allocation d’actifs complexe.

Dans le cadre de la gestion pilotée, l’allocation est ajustée régulièrement en fonction des conditions de marché et des anticipations des gérants. Par exemple, en cas de tensions sur les marchés actions, la part investie en unités de compte peut être réduite au profit du fonds en euros ou de fonds obligataires. À l’inverse, dans un contexte porteur, la poche actions peut être renforcée pour capter davantage de performance. Vous conservez toutefois la maîtrise de la stratégie globale (choix du profil de risque, niveau de versements, éventuels rachats), ce qui fait de cette solution un compromis intéressant entre autonomie et accompagnement dans la gestion de votre patrimoine.

Les versements programmés pour lisser le point d’entrée sur les marchés

Les versements programmés constituent une stratégie simple et redoutablement efficace pour lisser le point d’entrée sur les marchés financiers. Plutôt que d’investir une somme importante en une seule fois, vous répartissez vos versements sur plusieurs mois ou années (par exemple 500€ par mois sur dix ans). Ce mécanisme, souvent appelé « investissement progressif » ou dollar-cost averaging, permet de réduire le risque de tomber au plus mauvais moment, juste avant une correction boursière.

En pratique, lorsque les marchés baissent, vos versements programmés achètent davantage de parts de fonds ou d’ETF, et lorsqu’ils montent, ils en achètent moins. Sur la durée, vous obtenez un prix d’achat moyen qui lisse les fluctuations, un peu comme si vous remplissiez un réservoir d’eau de pluie : certaines journées sont torrentielles, d’autres presque sèches, mais ce qui compte, c’est le niveau moyen sur la période. Cette approche convient tout particulièrement aux contrats d’assurance vie orientés vers la préparation de la retraite, où l’horizon de placement est suffisamment long pour absorber les cycles de marché.

La sécurisation progressive des plus-values via les arbitrages automatiques

Les arbitrages automatiques proposés par de nombreux contrats modernes permettent de sécuriser progressivement les plus-values accumulées sur les unités de compte. Vous pouvez par exemple paramétrer une option de « sécurisation des gains » qui transfère automatiquement vers le fonds en euros tout ou partie des plus-values au-delà d’un certain seuil (par exemple +10% ou +20% sur un support). Ainsi, vous cristallisez régulièrement une partie de la performance, sans avoir à intervenir manuellement ni à surveiller en permanence les marchés.

D’autres options d’arbitrage, comme le « stop loss » relatif ou absolu, déclenchent un transfert vers des supports plus prudents en cas de baisse importante d’un support donné, limitant ainsi les pertes potentielles. Enfin, les options de rééquilibrage automatique permettent de ramener périodiquement votre allocation vers sa répartition cible (par exemple 60% en unités de compte et 40% en fonds en euros), ce qui évite qu’une classe d’actifs devenue trop performante ne pèse excessivement dans votre portefeuille. Ces mécanismes, bien paramétrés, participent à une gestion de patrimoine disciplinée, où les décisions clés sont prises à froid, en amont, plutôt que sous le coup de l’émotion.

L’assurance vie comme complément de retraite par capitalisation

Dans un contexte de pression croissante sur les régimes de retraite par répartition, l’assurance vie s’impose comme un outil central de retraite par capitalisation. Elle permet de constituer, sur plusieurs décennies, un capital significatif destiné à compléter les pensions futures. Grâce à la fiscalité favorable après huit ans et à la possibilité de mettre en place des rachats partiels programmés, le contrat d’assurance vie peut se transformer en véritable « deuxième pension », flexible et ajustable.

Deux grandes approches coexistent. La première consiste à viser une sortie en capital : vous accumulez une épargne importante durant votre vie active, puis effectuez des retraits ponctuels pour financer des projets (voyages, aides aux enfants, travaux, etc.). La seconde repose sur la mise en place de rachats partiels programmés, mensuels ou trimestriels, calibrés pour compléter vos revenus réguliers tout en préservant la durée de vie de votre capital. Certains assureurs proposent également la conversion du capital en rente viagère, solution qui sécurise un revenu à vie mais implique une perte d’appropriation du capital ; elle doit donc être étudiée avec soin dans le cadre global de votre stratégie patrimoniale.

Les contrats d’assurance vie luxembourgeois pour les patrimoines supérieurs à 500 000€

Pour les patrimoines financiers supérieurs à 500 000€, les contrats d’assurance vie luxembourgeois offrent des avantages spécifiques qui justifient une étude approfondie. Leur principal atout réside dans le mécanisme du « triangle de sécurité » : les actifs sont déposés auprès d’une banque dépositaire agréée par le Commissariat aux Assurances (CAA), distincte de la compagnie d’assurance, et font l’objet d’un privilège de premier rang pour le souscripteur. En cas de défaillance de l’assureur, les épargnants luxembourgeois sont ainsi mieux protégés qu’avec un contrat français classique.

Les contrats luxembourgeois se distinguent également par leur grande flexibilité fiscale internationale. Ils s’adaptent au régime fiscal du pays de résidence du souscripteur, ce qui les rend particulièrement attractifs pour les expatriés ou les personnes susceptibles de changer de résidence fiscale au cours de leur vie. L’accès à une architecture financière ouverte, avec la possibilité de loger des « fonds internes dédiés » ou des mandats de gestion sur mesure, en fait par ailleurs un outil privilégié pour les très hauts patrimoines. Comme toujours, le choix entre un contrat français et un contrat luxembourgeois doit être effectué au cas par cas, en fonction du montant des avoirs, de la situation de résidence, des objectifs de transmission et du degré de sophistication souhaité dans la gestion du patrimoine.